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Archi : L’architecte émotionnelle de Luis Barragán

Voici une exposition très intéressante qui vient de s’ouvrir à l’ENSA de Paris – Val de Seine et qui vient nous offrir une ouverture à la dimension artistique et poétique de l’oeuvre de cet architecte contemporain peu présenté en France.

J’ai eu la chance d’assister à la présentation de l’exposition par Danièle Pauly, commissaire de l’exposition et auteure de “Barragán, l’espace et l’ombre, le mur et la couleur” aux Ed. Birkhäuser, qui nous invite dans un monde de lumière, de couleurs, de poésie et d’intuition.

Barragan a été très tôt inspiré par les haciendas et l’ambiance mexicaines de son enfance :

« L’intérêt qui s’est éveillé en moi pour l’architecture est, pour beaucoup, lié à la visite des villages du Mexique et des maisons populaires. J’ai trouvé que la maison populaire mexicaine est d’une beauté incroyable, particulièrement dans l’état du Michoacán. À l’époque, c’était celle qui, pour moi, était la plus Belle. (…) [Elle a] éveillé en moi l’amour de l’architecture et le désir de parvenir à ce qui pourrait mener à une maison moderne.”

“Les leçons contenues dans l’architecture populaire de la province mexicaine sont pour moi un motif d’inspiration permanente : ses murs blanchis à la Chaux ; la quietudes de ses patios et de ses jardins ; la couleur de ses rues ; l’humble gravité de ses places entourées de galeries ombragées…”

Il voyage beaucoup et aime également se “perdre” dans sa bibliothèque :

« Je me fonde beaucoup sur l’intuition et sur les observations issues de mes lectures et de mes voyages. »

Son associé R. Ferrera ajoute : « après avoir défini un programme, nous passons à une étape littéraire que Luis a apprise de Ferdinand Bac (…). Il s’agit de rêver le projet et d’en faire une histoire parlée (…) ; ce portrait raconté (retrato hablado) comme le nomme Barragán est la partie la plus importante du projet.

Barragán explique : « quand je commence un projet, j’envisage le début sans toucher un crayon, sans aucun dessin, j’imagine alors les choses les plus folles (…) ; après avoir imaginé toutes ces idées, j’attends qu’elles s’inscrivent en moi quelques jours, de diverses façons. Je reviens à elles et je commence par dessiner des petits croquis en perspective ; je le fais fréquemment sur un bloc de dessins, assis sur une chaise. Je ne dessine pas sur une table ou sur une planche à dessin. Je donne ensuite ces croquis à un dessinateur et nous commençons à dessiner les élévations et les plans ; presque toujours, nous réalisons des maquettes de carton pour travailler et faire des changements continuels. » (ici croquis du projet Ecuries Cristobal).

Luis Barragán aborde l’architecture selon trois thèmes majeurs : le rapport à la nature (la maison construite autour de l’Arbre, les nombreux patios et également l’importance donné aux éléments : eau, bois, pierre.

Le traitement de la lumière est majeur avec le rôle des sources lumineuses : lumière  zénithale et les différentes variations de la lumière traversant le verre coloré d’une porte à une terrasse par exemple (ici jeu de lumière à travers les volets de la fenêtre d’une chambre).

Enfin,  les fonctions de la couleur qui sont essentielles. Barragán travaille avec J. “Chucho” Reyes, J.C. Orozco et Miguel Covarrubias avec qui il partage le goût pour les couleurs (ici la cuisine de sa maison).

Luis Barragán est surtout le peintre de l’intuition et son architecture est émotionnelle, spirituelle :

« L’art en général, et naturellement l’architecture, est un reflet de l’état spirituel de l’homme dans son temps. (…) L’homme du XXe siècle se sent écrasé par tant de « fonctionnalisme », par tant de logique et d’utilité dans l’architecture moderne (…). L’homme – créateur ou récepteur – de notre temps aspire à quelque chose de plus qu’une jolie maison, agréable, adéquate. Il attend (…) de l’architecture, de ses moyens et des matériaux modernes, une élévation spirituelle ; je dis simplement : une émotion (…). C’est seulement en recevant de l’architecture des émotions véritables que l’homme peut la considérer comme un art. » (Mathias Goeritz).

Escalier d’accès aux chambres de la maison Gálvez, avec le tableau de Mathias Goeritz.

Exposition du 15 mars au 6 avril 2012 - Salle d’exposition, du lundi au vendredi de 11h à 19h.

Ecole Nationale Supérieure d’Architecture Paris-Val de Seine
3-15, quai Panhard et Levassor – 75013 Paris

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Art : entre spiritualité et création au Centre Pompidou

3e édition du Festival au Centre Georges Pompidou, galerie Sud, la roulotte de Fred Vaësen : une fantaisie entre “Mystères de l’Ouest” et Secrets des Érudits Chinois.

Interview par le commissaire de l’exposition Pascal Rousseau et Bernard Blistène, directeur du développement culturel et directeur artistique du Nouveau Festival de l’artiste Fred Vaësen et d’Olivia Roy pour la dimension spatio-temporelle via le feng shui :

http://www.dailymotion.com/playlist/x1y6y9_centrepompidou_nouveau-festival-2012/1#video=xpm9x5

Fred Vaësen a acheté dans les années 90 une roulotte datant de 1934 à des forains vivant dans la Marne. Il l’a entièrement réaménagée tout en conservant de nombreux aspects de la roulotte d’origine. Il m’a contactée, à l’occasion de cette troisième édition du Nouveau Festival de Beaubourg, afin de poser la carte énergétique de ce vaisseau amiral traversant le temps et l’espace, et également dans le but de décoder ce voyage temporel dans un espace défini : la galerie Sud du Centre Beaubourg.

Fred Vaësen nous invite à entrer dans sa roulotte, qui est un train, un vaisseau spatio-temporel, une sorte d’Ovni dans l’espace-temps, qui nous permet de traverser un certain territoire : être là et ailleurs au même moment.

L’exposition nous entraine entre deux niveaux : celui d’une abstraction « haute » spirituelle et celui d’une culture populaire imaginaire d’enfants, le fameux feuilleton « Les Mystères de l’Ouest » du samedi après-midi qui date des années 65-66-67 (et qui a nourri l’imaginaire des jeunes français dans les années 70-80), sorte de western historique qui se mêlait à de la science-fiction (déjà un voyage temporel dans un espace indéfini). Il s’agit d’une reconstitution d’une expérience sensible entre le souvenir hallucinatoire du train des « Mystères de l’Ouest » où l’on plonge dans un temps obscur de fin du XIXe, géométrie secrète qui sert de lien et déjà les unit entre les années 10, 20 et les années 60.

Avec la roulotte de Fred Vaësen, il y a ce premier niveau de lecture qui est celui d’un objet populaire qui a une histoire, une certaine mélancolie mais qui a également une dimension du mouvement et du dynamisme des formes dans l’espace… et tout cela se noue de manière très subtile.

La roulotte a une date de construction unique mais par contre, elle n’a pas une orientation unique comme la plupart des bâtiments : elle change d’orientation au fil de ses itinéraires ! Cela permet de poser la question des différents diagrammes qu’elle rencontre et sur lesquels Fred Vaësen me propose de me pencher.

Ici, la carte énergétique recueillie (façade vers la rue St Merri et la fontaine Niki de Saint-Phalle) décrit un Qi hybride à l’entrée comme à la sortie qui mêle plusieurs dimensions (plusieurs énergies) et également plusieurs périodes allant des années 10 à 25 (sur la façade et qui parle très nettement d’Art, de créativité intense, de projets, d’innovations), en passant par les années 60 (sur l’entrée) et pour finir (sortie) sur une énergie très actuelle (années 2010 et futures) : cela confirme bien le sentiment qu’on retrouve en traversant ce vaisseau d’être “ici et ailleurs au même moment”. Parallèlement, il y est question d’une affirmation par la représentation, d’une mise en lumière liée aux  ”feux de la rampe” et liée à la spiritualité, assortie d’une communication littéraire et intellectuelle et spirituelle.

Pascal Rousseau, commissaire de l’exposition « Les Mystères de l’Ouest », a réuni des œuvres autour de fragments de l’histoire de l’art (années 10, 20, 30, 60 et 2011) sur la dimension spatio-temporelle : introduire du temps et du mouvement grâce à l’art cinétique, différentes optiques pour se transporter dans d’autres dimensions autour de nombreux artistes qui participent tous à cette autre dimension : Claude Bragdon, Robert Breer, Bruce Conner, Marcel Duchamp, Oskar Fischinger, Florian et Michaël Quistrebert, Frantisek Kupka, John McCracken, Melvin Moti, Jean Painlevé, Maï Thu Perret, Christian Sampson et Fred Vaësen.

Merci à Bernard Blistène, directeur du développement culturel, Directeur Artistique du Nouveau Festival, qui a accompagné et favorisé ce type de proposition. Toutes ces juxtapositions forment un vocabulaire commun de l’abstraction, odyssée de formes dans de nouvelles dimensions.

Le Nouveau Festival du Centre Pompidou – Troisième Edition  - Galerie Sud, Espace 315,  Petite et Grande salles –  de 11 h à 21 h Exposition, spectacles, cinéma, conférences et performances : 22 février – 12 mars 2012 – Accès libre. www.facebook.com/centrepompidoufr – www.dailymotion.com/centrepompidou.fr – www.centrepompidou.fr

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Dossier : Quand architecture et feng shui conjuguent leurs forces.

Manutan a implanté son site européen à Gonesse au Nord de Paris et a fait appel à une équipe de professionnels créatifs aussi bien au niveau de la structure qu’en ce qui concerne l’ambiance et les matériaux. Ce projet innovant qui démarre en 2008 privilégie l’humanisme, la performance, le service et l’environnement. Il s’agit d’un lieu de “vivre mieux pour agir mieux” qui s’est construit sur des fondements humains et environnementaux, à l’origine de ce vaste projet (54 000 m2 sur un terrain de 135 000 m2).

Hervé Guichard, PDG du groupe Manutan à l’initiative de ce projet, décide d’offrir un site européen vert respectant l’être et son environnement (double certification HQE) et traduit son ambition par des solutions techniques faisant appel à des experts : l’architecte Daniel Nuret, le cabinet ebi – Elliott Barnes Interiors architecte d’intérieur, le paysagiste Arnaud Delacroix (agence Talpa) entre autres… ainsi qu’une étude feng shui auprès de Lieux de Prédilection.

Cette analyse ne se substitue aucunement au travail des différents intervenants : elle propose une autre lecture du projet et offre un précieux complément de conseil. L’audit du lieu, à travers le filtre du feng shui, va offrir un outil de croissance et de bien-être, et la possibilité de mettre en mouvement les énergies de ce nouveau territoire afin de maximiser ses forces et, par conséquent, celles des individus qui s’y trouvent. L’analyse propose une organisation de l’espace qui repose sur la meilleure adéquation possible entre les fonctions et le potentiel énergétique du lieu.

Le résultat : un lieu de performance collective et d’expression individuelle qui favorise les process et optimise les synergies au sein de l’entreprise. La création d’un espace fonctionnel stimule la créativité et l’audace, en offrant des espaces de libre expression qui permettent de s’isoler ou de se regrouper.

 

Voici un exemple pour illustrer la conjugaison des différentes contraintes communes à l’architecture et au feng shui :  dans le bâtiment réservé aux bureaux administratifs, il y a des espaces tout à fait porteurs pour des activités d’achats, d’édition, de communication, de marketing. Il y a également dans cet espace, un secteur moins favorable au développement de projets mais plus propice à la détente et au relationnel.

C’est le rôle du feng shui de soulever ces aspects et l’architecte est venu apporter conjointement une solution innovante pour cet espace : l’idée d’une cabane qui viendrait créer une perspective différente – et casser l’aspect « open space », tout en respectant la lecture énergétique des lieux.

Ces cabanes sont destinées à l’isolement ou des réunions en petits groupes, voire des activités ludiques (il y a un hamac et trois balançoires, des tiroirs où sont rangés des jeux). Elles permettent de rythmer différemment l’espace de travail en lui apportant une respiration au cœur de l’open space et en respectant son décodage : ainsi les bureaux dans l’open space sont sur des secteurs favorables aux différentes activités exercées et la cabane elle, est propice à la détente et à la pause.

Toutes les différentes approches réunies ont permis de penser et choisir la meilleure activité dans la meilleure ambiance avec les matériaux lui correspondant le mieux, ce qui confère un équilibre entre énergie et douceur, une circulation fluide, des matières naturelles, de la légèreté dans les volumes, des perspectives dynamiques, un espace non saturé, la présence de végétal et de lumière naturelle avec une modernité indéniable.

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Nouvel An Chinois : bientôt la fête du printemps !

Tous mes vœux à tous et à toutes pour cette nouvelle année du Dragon d’Eau yang !

Pour rappel, le 4 février de chaque année (voire le 5 exceptionnellement) a lieu la bascule énergétique de l’année solaire Chinoise, observée par les astronomes et étudiée depuis des millénaires par les érudits Chinois.
Ces derniers ont ainsi pu observer que le même Qi était perceptible tous les 180 ans, qu’un Qi très semblable revenait tous les 60 ans (d’où l’importance de fêter son 60ème anniversaire pour un Chinois car il retrouve le Qi de l’année de sa naissance… avec l’expérience en plus !).
Ce sont ces fameux cycles de 60 ans qui forment les cycles supérieur, médian et inférieur que nous étudions en feng shui. Ils se sub-divisent en cycles de 20 ans dont l’énergie permet de mieux comprendre la personnalité des 9 énergies qui règnent sur nos lieux.
Cette année, elle démarre le 4 FEVRIER et s’ouvre sur l’énergie du Dragon d’Eau yang.
L’année lunaire Chinoise elle, concerne les lunes (pour les semailles et les moissons), ainsi que les marées, et est fêtée chaque année en fonction du calendrier lunaire. Elle célèbre la fête du printemps Chinois appelée la fête du Têt et tombe cette année le… 23 janvier.

Donc à propos du nouvel an chinois, lunaire celui-là,  qui va être fêté partout dans  le monde lundi soir prochain, j’ai trouvé ce texte qui concerne le déroulement de la fête du Printemps. Puisse-t-il vous inspirer…!

LE PREMIER JOUR DU PREMIER MOIS LUNAIRE : le lever du jour ou les trois débuts

Ce premier jour du premier mois lunaire “yuan dan” (Yuan : “le début” et dan : “le lever du jour”), désigne non seulement le premier jour de l’année, le premier jour du premier mois mais également le début de toute une année ; raison pour laquelle ce premier jour est aussi nommé ” les ” trois débuts “. A partir du matin de ce premier jour, on honore les ancêtres avec l’expression de sa reconnaissance.

L’hommage aux ancêtres
Pendant l’hommage aux ancêtres, la famille fait des offrandes devant les tablettes des ancêtres (petites planches en bois sur lesquelles sont marquées les noms des défunts, placées sur l’autel des ancêtres) : des fruits, des gâteaux du nouvel An, des nourritures salées et sucrées et du vin. Durant cette cérémonie, sont allumés de l’encens et des bougies rouges et l’on s’incline devant les tablettes en signe de gratitude pour leur bonté, mais également en reconnaissance aux Dieux, aux parents et aux aînés.

Les voeux de la famille réunie et les présents aux enfants
Au terme de l’hommage aux ancêtres, les membres de la famille se complimentent de façon réciproque et les enfants se présentent tour à tour devant les parents : ils expriment leurs vœux, de l’aîné au plus jeune et du fils à la fille. À cette occasion, il peuvent recevoir les “Hong-Bao”, ces petites enveloppes rouges et or qui contiennent les étrennes des enfants. Les “Hong-Bao” sont traditionnellement données à l’aube du jour de l’An ou après le dîner du Jour de l’An, pour souhaiter richesse et réussite.

Le rituel “de faire l’invité” (zuo ke)
Tandis que les pétards résonnent tout le long de la journée, l’après-midi et durant les deux jours suivants, il est de tradition que la famille visite ses proches, ses amis et même ses supérieurs pour présenter ses souhaits de bonne année, ce que l’on appelle “le rituel de faire l’invité”. Cette période est propice également à l’envoi de cartes de vœux aux personnes éloignées. Les enfants qui présentent leurs vœux reçoivent une orange qui symbolise le bonheur et la longévité. Les fruits sont très importants. Les clémentines, symbole de chance et de bon présage, sont servies en grande quantité, en offrandes aux divinités sur l’Autel de la maison et aux invités. Les invités peuvent donner aussi des “Hong-Bao” aux enfants s’il sont de la même famille. Ce premier jour est aussi par tradition une journée végétarienne, car le corps doit être purifié.

LE DEUXIEME JOUR DU PREMIER MOIS LUNAIRE

L’accueil du gendre
Ce deuxième jour, les vœux et les occupations de la “Fête du Printemps” se poursuivent. On continue de rendre visite aux proches et aux amis, et surtout aux parents de sa femme puisque cette journée est réservée à “l’accueil du gendre”. Ces présentations de souhaits et ces multiples visites aux proches ont pour objectif de raffermir les rapports sociétaux entre les diverses familles.

Le culte au Dieu de la fortune
Dans le but que le Dieu de la fortune accorde chance et réussite à la famille pour l’année qui commence, avec des cierges et de l’encens allumés, toute la famille prie le Dieu de la fortune. La cérémonie est couronnée par des pétards. Après une journée végétarienne, ce jour-ci, le repas est le même que celui consommé au banquet du nouvel An, le plus important dans la culture chinoise.

LE TROISIEME JOUR DU PREMIER MOIS LUNAIRE

Le mariage des souris
En ce troisième jour, la tradition veut que l’on ne perturbe aucunement les souris. Dès le matin, la famille se lève sans les troubler et dépose à leur intention des aliments aux quatre coins du foyer. Les souris peuvent grignoter dans les délicieuses réserves et les provisions de la famille. La légende indique qu’un charbonnier, recevant la visite d’une jeune fille, lui proposa de faire un déjeuner. Alors qu’elle préparait le repas, il s’aperçut qu’il y avait des griffes sur la pâte des raviolis et que les mains de la jeune fille étaient comparables aux pattes des souris. “Il s’agit d’une sorcière”, pensa-t-il. Voulant lui trancher les mains, la jeune fille s’évapora comme par magie. Voulant se repentir, et persuadé que la jeune fille était immortelle, il décida avec ses amis d’offrir de la nourriture aux souris afin d’attendrir le courroux de l’immortelle. Et depuis ce jour les souris sont autorisées à grignoter librement dans les réserves des foyer, mais un jour par an. Une autre légende indique que la pluie tombera à chaque fois que l’on sortira dans l’année, si pendant les trois premiers jours de l’année on mange du riz cuit avec trop d’eau.

LE QUATRIEME JOUR DU PREMIER MOIS LUNAIRE

Le retour des dieux du foyer
Le retour des dieux tutélaires est attendu le quatrième jour. Aussi, pour les accueillir, des offrandes et des rafraîchissements seront déposés en offrande. Durant cette quatrième journée tout le monde commence à reprendre ses activités quotidiennes interrompues par les coutumes et les festivités de la fête du printemps.

LE CINQUIEME JOUR DU PREMIER MOIS LUNAIRE

Le retour aux activités quotidiennes
Si la période de la fête du printemps n’est pas terminée, le cinquième jour marque la fin des distractions et des fêtes de la commémoration du nouvel An. Ce jour-là, on retire les décorations, les emblèmes décoratifs de la maison et les occupations journalières reprennent normalement.

LE SEPTIEME JOUR DU PREMIER MOIS LUNAIRE

Le jour de l’homme : “ren ri”
Suivant les écrits ancestraux de Tung Fang So (censeur de l’empereur Wudi, Dynastie des Han de 206 avant JC à 220 après JC), les huit premiers jours de l’année sont attribués respectivement au coq, au chien, au cochon, au mouton, au bœuf, au cheval, à l’homme et aux grains.

Si un cochon (le troisième) met au monde des petits sur son jour, sa progéniture sera exemplaire, sous condition que la journée soit ensoleillée. Le septième jour du premier mois est celui de l’homme. C’est à cette date de l’année que les humains changent tous ensemble d’âge et non pas au jour de leur naissance.

Par exemple, un enfant qui vient au monde en Chine a donc déjà un an s’il est né durant le douzième mois. Il aura deux ans le septième jour du premier mois alors qu’il n’aura en vérité qu’un mois de vie sur terre. De même, dans cette journée, il est dans la coutume de dire que si le temps est clair et ensoleillé, les enfantements seront abondants durant l’année.

Pour célébrer ce jour de l’homme, sa jeunesse et sa longévité, toute la famille rassemblée autour d’un banquet “bai shou” : prier pour la longévité ) consomme des plats symboliques : notamment des nouilles, qui par leur longueur représentent ce souhait d’une longue vie. Si elles sont préparées et sautées avec de la viande et des pousses de bambou, la signification du plat aura pour sens : “nous vous souhaitons une longue vie”. Notons que le mot “bambou” est un homophone de “prier, souhaiter” et étant invariablement de couleur verte et inaltérable, il représente la jeunesse et la longévité.

La fête de la lanterne
Ce septième jour du premier mois lunaire représente la clé des fêtes de la période du nouvel An. Alors que la lune arrive dans sa première lunaison depuis la nuit de l’accession au nouvel An, on célèbre la soirée de la pleine lune en suspendant des lanternes multicolores à l’approche du soir.

Cette tradition qui prend ses sources dans l’hommage rendu au ciel, aux astres, aux étoiles et à l’Unité Suprême (tai yi), se déroulait depuis le crépuscule jusqu’au lever du jour. Les hommages étaient destinés à un monde éternel qui dépasse l’homme dans sa réalité. Ces lanternes, suspendues dans les temples en hommage au “seigneur du ciel” ou à l’Unité Suprême, devinrent avec des ornements pour honorer Bouddha, puis des décorations pour le divertissement de la cour, des invités étrangers, associant dès lors l’usage des lanternes avec la représentation d’une magnificence et d’un éclat particulier.

Actuellement, les lanternes représentent un caractère social et une occasion de fête, et elles font le bonheur des petits. L’après-midi les nombreuses lanternes multicolores rivalisent de couleurs et de représentations dans les boutiques et aux enseignes des échoppes. Carrées auparavant ou maintenant plutondes, confectionnées en papier fin (souvent rouge), ou en tissu ou dans d’autres matières, elles peuvent représenter des animaux de l’horoscope chinois, du signe de l’année, des événements historiques, des caractères symbolisant des voeux.

Le soir, grâce au spectacle féerique de la fête des lanternes, c’est une occasion idéale pour se rencontrer et faire de nouvelles rencontres. Auparavant, les jeunes Chinois n’étaient autorisés à sortir qu’à deux occasions : le jour de la fête des pures clartés “qing ming jie” où l’on nettoyait les tombes, et à l’occasion de la fête des lanternes, où les jeunes filles pouvaient rencontrer leur futur fiancé.

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Archi : hommage à un architecte spirituel

Extrait du film “My architect” réalisé par Nathaniel Kahn, le fils de Louis Kahn qui part à la recherche de son père, l’un des plus grands architectes américains du XXe siècle.

« L’architecture doit résister au temps. Comment juger une œuvre aujourd’hui? Prenons l’œuvre d’un architecte enthousiasmant et doué ? Qu’en sera-t-il dans 20 à 50 ans ?

C’est là, la vraie mesure. C’est pourquoi le Salk Center sera toujours aussi parfait. Le teck aura perdu de son éclat comme c’est déjà le cas, mais le côté spirituel de ce projet demeurera. C’est un bâtiment qui résistera au temps. C’est certain. »

I.M. Pei, architecte à propos du l’Institut d’Etudes Biologiques Salk à La Jolla, Californie.

 

« Il est très rare de rencontrer des gens qui abordent la matière en termes de spiritualité. Le néant comptait pour lui, le silence aussi, l’énigme de la lumière. Ce n’est pas commun, ce n’est pas le discours commun. C’est ce qui comptait à ses yeux. Et quand quelqu’un comprend cela, ce n’est pas un homme normal, c’est une âme extrêmement cultivée. »

B.V. Doshi, architecte à propos de l’Insitut Indien du Management à Ahmenabad.

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Japon : l’ «espace» dans la maison japonaise

Pour rester dans l’ambiance japonaise de “la chambre de thé”, voici un extrait du magnifique livre Ryokan* que je recommande vivement à tous les amoureux du Japon et à ses traditions ancestrales. L’angle que j’aborde ici a à voir avec l’espace dans la maison qui est bien différent de nos espaces occidentaux :

“La langue japonaise ne connaît pas de terme correspondant exactement à la notion occidentale d’ «espace» dans le sens de pièce ou chambre, même si le caractère ma s’en rapproche. Quand nous parlons des espaces dans une maison japonaise, nous évoquons toujours l’espace cor-respondant à une aire ou à une surface. Les murs qui définissent ces espaces dans la maison occidentale sont au Japon des éléments mobiles qui subdivisent les «surfaces utiles à la satisfaction de besoins particuliers».

Si l’on examine le plan d’une maison japonai-se, on constate que les éléments porteurs sont clairement définis mais on ne trouve pas d’es-paces clos. Les pièces ont des fonctions, mais pas de structures comme les chambres occidentales ; elles loca-lisent des espaces, mais n’offrent pas de support statique à la construction. Le «format de base» du minka consiste en un modèle trois pièces qui évoluera souvent vers un plan à quatre pièces au XVIIIe siècle, lequel diffère toutefois en fonction du paysage, du district et du rang social des habitants.”

* Ryokan de Gabriele Fahr-Becker, Editions Könemann.

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Zen : la chambre de thé

Je me permets de retranscrire un extrait du « Livre du Thé » d’Okakura Kakuzo car il vient rappeler ici l’importance – tout comme en feng shui – de la philosophie du Vide, du cheminement particulier du macrocosme vers le microcosme (du « roji » au « machiai »), de la disposition des différentes parties de la maison… rien n’est laissé au hasard : «la Chambre de thé est avant tout la maison de la paix.» Les exemples cités dans ce texte montrent l’ingéniosité des maîtres du thé à créer un monde pur et serein, loin de l’agitation extérieure, propice à la méditation et au ressourcement, à l’esthétique et à la poésie.

Savourez, vous entrez dans la Maison de la Fantaisie… !

“La Chambre de thé (le Sukiya) ne prétend pas être autre chose qu’une simple maison de paysan – une hutte de paille, comme nous l’appelons. Les caractères idéographiques originaux du Sukiya signifient la Maison de la Fantaisie. Dans la suite, les divers maîtres de thé y substituèrent divers caractères chinois, selon leur conception personnelle de la Chambre de thé, de sorte que le terme Sukiya peut signifier aussi la Maison du Vide ou la Maison de l’Asymétrique.

C’est, en effet, la Maison de la Fantaisie en ce qu’elle n’est qu’une construction éphémère, bâtie pour servir d’asile à une impulsion poétique.

C’est aussi la Maison du Vide en ce qu’elle est dénuée d’ornementation et que l’on peut, par suite, d’autant plus librement, n’y placer que de quoi satisfaire un caprice esthétique passager.

C’est enfin, la Maison de l’Asymétrique en ce qu’elle est consacrée au culte de l’Imparfait, et qu’on y laisse toujours, volontairement, quelque chose d’inachevé que les jeux de l’imagination achèvent à leur gré. Les idéaux du Théisme ont exercé sur notre architecture, depuis le seizième siècle, une si grande influence que les intérieurs ordinaires japonais d’aujourd’hui font l’effet aux étrangers d’être presque vides, à cause de la simplicité extrême et de la pureté de leur système de décoration.

La création de la première Chambre de thé isolée est due à Senno-Soyeki, généralement connu sous son dernier nom de Rikiu, le plus grand des maîtres de thé. C’est lui qui, au seizième siècle, sous le patronage de Taiko-Hideyoshi, institua les formalités de la cérémonie du thé et les porta à leur plus haut degré de perfection.

Les proportions de la Chambre de thé avaient été auparavant déterminées par un fameux maître de thé du quinzième siècle, nommé Jowo. La Chambre de thé primitive n’était simplement, d’abord, qu’une partie d’un salon ordinaire séparée du reste de la pièce par des paravents. La partie ainsi séparée prit le nom de Kakoi (enclos), nom que l’on donne encore aux Chambres de thé faisant partie d’une maison et qui ne sont pas des constructions indépendantes.

Mais revenons au Sukiya. Le Sukiya se compose d’abord de la Chambre de thé proprement dite, destinée à ne pas recevoir plus de cinq personnes, nombre qui rappelle le dicton : “plus que les Grâces et moins que les Muses” ; puis d’une antichambre (midsuya) où l’on lave et prépare les ustensiles nécessaires au service du thé avant de les porter dans la Chambre de thé ; d’un portique (machiai) où les invités attendent qu’on les convie à pénétrer dans la Chambre de thé et d’une allée (le roji) qui rejoint le portique à la Chambre de thé.

La Chambre de thé est d’apparence tout à fait ordinaire. Elle est plus petite que les maisons japonaises les plus petites, et les matériaux dont elle est bâtie sont destinés à donner l’impression de la pauvreté raffinée. N’oublions pas, cependant, que tout cela est le résultat d’une préméditation artistique profonde, et que tous les détails ont été exécutés avec encore plus de soin que l’on n’en met à construire les palais et les temples les plus somptueux.

Une bonne Chambre de thé coûte plus cher qu’une habitation ordinaire, car le choix, aussi bien que la mise en œuvre des matériaux qui la composent, exigent un soin et une précision infinis ; de sorte que les charpentiers employés par les maîtres de thé forment une classe d’artisans à part et particulièrement distingués dont les œuvres ne sont ni moins délicates ni moins précieuses que celles des fabricants de meubles de laque. (…)

La simplicité et le purisme de la Chambre de thé est le résultat de l’émulation inspirée par les monastères Zen. Un monastère Zen diffère de ceux des autres sectes bouddhistes en ce qu’il est avant tout destiné à être une habitation monastique. Sa chapelle n’a rien d’un lieu de religion ou de pèlerinage ; c’est une salle de collège où les étudiants se réunissent pour discuter et méditer. (…)

Le roji, l’allée qui traverse le jardin et conduit du portique à la Chambre de thé, symbolise le premier stade de la méditation, le passage dans l’auto-illumination. Le roji était destiné à rompre tout lien avec le monde extérieur et à préparer le visiteur, par une sensation de fraîcheur, aux pures joies esthétiques qui l’attendent dans la Chambre de thé elle-même. Quiconque a foulé le sol de l’allée qui traverse le jardin, ne peut manquer de se rappeler combien son esprit s’élevait au-dessus des pensées ordinaires, tandis qu’il marchait dans la pénombre crépusculaire des arbres à feuilles toujours vertes, sur les irrégularités régulières des cailloux fraîchement arrosés, au-dessous desquelles s’étend une couche d’aiguilles de pin séchées, et qu’il passait près des lanternes de granit couvertes de mousse. Il se peut que l’on se trouve au milieu même d’une ville, et cependant l’on éprouve la sensation d’être dans une forêt loin de la poussière et du bruit de la civilisation. Oui, l’ingéniosité était grande que dépensèrent les maîtres de thé pour arriver à produire ces impressions de sérénité et de pureté. La nature des sensations que réveillait le passage à travers le roji différait, par exemple, selon les maîtres de thé. Certains, comme Rikiu, visaient à un effet de solitude complète (…), d’autres comme Kobori-Enshiu, cherchaient des effets différents. (…)

L’autre nom que l’on donne à la Chambre de thé, la Maison du Vide, outre qu’il renferme la théorie taoïste du contenant-tout, implique la conception d’un besoin continuel de changement dans les motifs décoratifs. La Chambre de thé est absolument vide, je le répète, sauf quant à ce qui peut y être placé temporairement pour satisfaire quelque fantaisie esthétique. L’on y apporte, à l’occasion, un objet d’art particulier et l’on y choisit et dispose tout, en vue de faire valoir la beauté du thème principal. Songerait-on à écouter en même temps plusieurs morceaux de musique ? La compréhension réelle du beau n’est-elle pas impossible si elle ne se concentre autour d’un motif central ? L’on voit ainsi que le système de décoration de nos Chambres de thé est nettement l’opposé de ce qui se pratique en Occident, où l’on convertit si souvent en musée l’intérieur d’une maison. Aussi, pour un Japonais, habitué à la simplicité ornementale et aux changements de décor fréquents, un intérieur occidental rempli, de façon permanente, d’un amas de tableaux, de sculptures et d’objets anciens de toutes les époques, donne-t-il l’impression vulgaire d’un simple étalage de richesse. Il faut en vérité une extraordinaire faculté d’enthousiasme critique pour jouir de la vue constante même d’un chef-d’œuvre, et l’on peut supposer doués d’une capacité sans limite de sens artistique ceux qui peuvent vivre journellement au milieu d’une confusion de couleurs et de formes comme on en voit fréquemment dans les maisons d’Europe et d’Amérique.

Le nom de Maison de l’Asymétrique symbolise enfin une autre phase de notre système décoratif. Les critiques occidentaux ont écrit mains commentaires sur l’absence de symétrie qui caractériser les objets d’art japonais. C’est là encore, un résultat de l’élaboration des idéaux taoïstes à travers le Zennisme. Le Confucianisme, avec son idée profondément enracinée du dualisme, et le Bouddhisme du Nord avec son culte trinitaire, ne s’opposaient en aucune façon à l’expression de la symétrie. Si nous étudions, par exemple, les bronzes anciens de la Chine ou les arts religieux de la dynastie Tang et de la période Nara, nous y découvrirons une recherche constante de la symétrie. La décoration de nos intérieurs classiques est nettement régulière. La conception taoïste et Zen de la perfection était, cependant, différente. La nature dynamique de leur philosophie attachait plus d’importance à la façon de chercher la perfection qu’à la perfection elle-même. La véritable beauté, seul peut la découvrir celui qui mentalement a complété l’incomplet. La virilité de la vie et de l’art réside dans ses possibilités de développement.

Dans la Chambre de thé, il appartient à chaque invité de compléter par l’imagination, selon ses goûts personnels, l’effet de l’ensemble. Depuis que le Zennisme est devenu le mode de penser qui a prévalu l’art de l’Extrême-Orient a délibérément évité le symétrique parce qu’il exprimait non seulement l’idée du complet, mais la répétition. L’uniformité du dessin fut considérée comme fatale à la fraicheur de l’imagination. Aussi les paysages, les oiseaux et les fleurs sont-ils devenus les sujets favoris de la peinture plutôt que la figure humaine, dont la présence est constituée par la personne de qui la regarde. L’on se met trop en évidence et, en dépit de notre vanité, l’on se lasse vite, de se regarder soi-même.

Dans la Chambre de thé la peur des redites est toujours présente. Les divers objets qui participent à la  décoration d ‘une pièce devraient être choisis de façon qu’aucune couleur ni aucun dessin n’y soit répété. Si vous  y mettez une fleur vivante, tout tableau de fleur est, de ce fait même, interdit. Si vous vous servez d’une  bouilloire ronde, que le pot à eau soit angulaire. Une tasse d’émail noir ne devrait jamais voisiner avec une boîte  à thé de laque noire. En plaçant un vase sur un brûle-encens, sur le tokonoma, prenez bien soin de ne pas le  mettre au centre même, de peur de séparer l’espace en deux parties égales. Le pilier du tokonoma sera fait d’un  autre bois que les autres piliers, afin d’éviter dans la pièce toute impression de monotonie.

La méthode de décoration intérieure japonaise diffère encore de celle qui est en faveur en Occident, où l’on voit les objets disposés symétriquement sur les cheminées et ailleurs. Il nous arrive souvent, dans les maisons occidentales, de nous trouver en présence de choses qui nous font, à nous autres, l’effet de répétitions inutiles. Nous voici, par exemple, en train de causer avec un homme dont le portrait, de grandeur naturelle, nous regarde de derrière son dos. Nous nous demandons lequel est réel, du portrait ou de celui qui parle, et nous avons la conviction étranger que l’un des deux doit être faux. Que de fois nous sommes-nous trouvés assis à dîner, forcés de contempler, non sans inquiétude pour notre digestion, les figurations de l’abondance dont il est de mode d’orner les murs des salles à manger ! Pourquoi ces tableaux de chasse et de sport, ces fruits et ces poissons sculptés ? Pourquoi cet étalage d’argenterie de famille, qui nous rappellent ceux qui ont dîné à cette table et qui sont morts ?

La simplicité de la Chambre de thé et son manque absolu de vulgarité en font un vrai sanctuaire contre les vexations du monde extérieur. Là, et là seulement, l’on peut se consacrer sans trouble à l’adoration du beau. Au seizième siècle, la Chambre de thé offrit aux fiers guerriers et aux hommes d’Etats qui travaillaient à l’unification et à la reconstruction du Japon de belles heures de répit au milieu de leurs durs labeurs. Au dix-septième siècle, après que se fut imposé le strict formalisme de la règle Tokugawa, elle constitua pour les âmes artistes la seule occasion possible de communion libre. En présence d’une grande œuvre d’art il n’y a point de différence entre le daïmio, le samouraï et l’homme du peuple. L’industrialisme rend aujourd’hui, par le monde entier, tout vrai raffinement de plus en plus difficile. Plus que jamais, nous avons besoin de Chambres de thé !

« Le Livre du Thé » d’Okakura Kakuzo, Editions Dervy-Livres, chapitre sur « la Chambre de thé », pages 61 à 82.

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Archi et urbanisme : Twist à Paris XIIe !

Et que dire de cet ilôt situé tout près de la Gare de Lyon dans le XIIe arrondissement de Paris, sur la ZAC Villiot-Rapée ? Voici un site enclavé, cerné d’écrasantes barres des années 70 où ont atterri deux plots de 15 et 12 étages qui accueillent 62 logements sociaux imaginés pour une “vie en plein ciel”.

Chaque tour “bénéficie” de 4 vraies façades et comme les 2 plots sont proches, pour éviter les vis-à-vis, les étages ont été décalés d’un mètre en hauteur entre bâtiments avec l’utilisation de la maille filtre pour les vues directes… Tout cela en fait un bâtiment extrêmement poreux où l’on ne peut se ressourcer.

Parallèlement, selon le voeu des architectes Gaëlle Hamonic et Jean-Christophe Masson : “il s’agissait d’égayer le quartier et de contraster avec les barres qui cernent la parcelle, en proposant des logements à l’image de maisons superposées, colorées, et qui twistent (!) sur elles-mêmes. Nous voulions donner l’impression qu chaque appartement est situé au dernier égage, celui qui fait le plus rêver…” Pour proposer à tous ce mythique “dernier étage”, chaque appartement est ceinturé d’un vaste balcon (de 25 à 30 m2).

Comment vont vivre les occupants de ces appartements ? Quid de la façade et de l’assise ? Vont-ils pouvoir se ressourcer au quotidien ou vont-ils twister sur eux-mêmes ?

Dans tous les cas, le vert est très en vogue dans les projets architecturaux semble-t-il… (cf. post précédent sur le 12 rue Desnouettes – 75015). Un petit air nostalgique des seventies ou une soudaine envie féroce de Granny Smith ? Un certain vertige en tous les cas.

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Archi et urbanisme : logements fluo dans le XVe à Paris

Quel drôle de pied de nez que cette iceberg acidulé atterri au 12 rue Desnouettes dans le XVe arrondissement parisien ! Aimeriez-vous y vivre ? Personnellement, je n’aimerais pas en faire la carte énergétique pour différentes raisons…

Surnommé “l’iceberg vert de Vaugirard” cet empilage de cubes verts (une parcelle étoite, étirée sur plus de 200 m), est installé en vigie. C’est le nouveau poste de commandement centralisé (PCC) de la ligne 12 du métro et tel un totem il est la figure de proue (10 m de large) de 47 logements.

Tous les logements sont traversants, à double voire triple orientation (!), entre circulation piétonne et les jardins privatifs en assise du site. Le bâtiment surplombe l’accès à la venelle qui dessert les logements (les piétons passent en dessous des logements…).

“Les fonctions se greffent comme une colonne vertébrale” explique Emmanuel Saadi, l’architecte, dans des boîtes vertes habillées de panneaux en Alucobond (un sandwich de tôles d’aluminium sur une âme visco-élastique).

NB : L’immeuble s’installe le long d’un cheminement piéton, en plaques d’acier autopatinables qui évoquent le tracé des anciens rails : la RATP a souhaité symboliquement préserver un gabarit de type ferroviaire sous le porche.